Hello, hérédité!

Je suis une véritable boule d’hérédité. Je peux aisément retrouver physiquement les traces de tous mes parents proches, du physique tout en courbes de ma mère aux orteils de mon père, du grain de beauté de ma grand-mère et de ma tante, à ce trou inexpliqué dans le petit doigt que possèdent aussi ma mère et l’une de mes sœurs. J’ai également le rire et les expressions de celle-ci, mélangés aux traits de visage de mon autre sœur.

Il paraît que quand j’étais bébé, j’avais un petit doigt de pied comme mon père, et l’autre comme ma mère. J’étais le portrait craché de l’une de mes sœurs ; on avait même des voix identiques. Elle avait également le même type de caractère que mon père, ce qui nous liait directement comme trois pois d’une même cosse.

Notre autre sœur, par contre, ne nous ressemblait pas. Ni de visage, ni de cheveux, ni de corps, ni de caractère. Jusqu’à ce jour, il y a deux ans, où j’ai vu dans un Polaroid des pommettes que je ne me connaissais pas, et toute une structure osseuse familière qui s’était dessinée, à mon insu, à son image. Je me souviens de la joie que j’ai ressentie, de la hâte avec laquelle j’ai répandu la nouvelle du Canada jusqu’au Danemark. Longtemps, malgré les différends qui pouvaient nous éloigner, je me suis demandé ce que cette absence d’appartenance manifeste avait pu lui faire ressentir. C’était ma manière de remettre les choses à leur place, et de réparer ce qui n’avait pas fonctionné jusque-là.

Parmi mon patrimoine se trouvent aussi des traits qui se sont plus transmis par contagion que par la génétique. Ma philosophie devant les événements les plus graves (Merci P’pa !). Ma passion quasi-maladive pour les chaussures (« Merci » M’man). Mon humour, quant à lui, est un hybride des deux. Ma mère a un potentiel exceptionnel de pitre, tout en restant super attirante et sexy. Bon, personnellement, j’ai plus pris l’option de base. Mon père, quant à lui, avait la capacité de trouver quelque chose de drôle partout, même si bien souvent ça me faisait rire que lui. Ça, c’est une véritable malédiction.

Il y a quelques jours, j’ai posté via mes comptes Facebook et Twitter cette photo de l’Homme de ma vie lorsqu’il était bébé :

Elle était accompagnée de la légende suivante : « L’amour a un visage. (Pas comme la vengeance, qui en a deux.) ».

J’étais extrêmement fière de ma blague ainsi que de ma référence, fierté qui a quelque peu pris le bord quand je me suis rendue compte que quasiment deux jours s’étaient écoulés, et que personne n’avait compris. La mort dans l’âme, j’ai essayé de parler de mon désarroi au Mâle. Qui m’a aussitôt répondu : « Ben moi non plus, j’ai pas compris !

- Mais ! La Vengeance aux Deux Visages !

- Ben c’est quoi ?

- Hein ?! Mais c’est mythique, enfin ! C’est une série qu’ils ont diffusée sur TF1 quand on était enfants… Vers 1991, je pense. À la même période que Les Oiseaux se Cachent pour Mourir !

- Les oiseaux font… Quoi ? »

Bon. J’étais donc seule, avec mes blagues et mes références, et il ne me restait plus qu’à me commander une cassette de rires enregistrés sur Ebay pour me tenir compagnie. Jusqu’à ce matin, où j’ai trouvé ce commentaire sur ma photo Facebook :

“hahaha ! la vengeance aux deux visages !!! et personne n’a commenté la-dessus???! je rêve….!”

Signé : Ma soeur.

Ma sœur aux pommettes saillantes, qui a été la seule personne à rire lorsqu’à mon ancien travail, je travaillais sur un Trends Guide dont l’une des pages traitait des derbys, qu’il me fallait une accroche pour la page « Trend : Derby », et que la seule chose qui me venait c’était « Wishing luck oh wishing well. ».

Je commence à me dire que ce gène de l’humour développé par El Padre doit être dominant, puisque 100% de ces rejetons le possèdent également… Alors attendez un peu qu’on se reproduise ! J’attends avec impatience que notre famille s’agrandisse en un groupe de 40 personnes qui se ressemblent toutes, qui ont toutes des trous dans les petits doigts et des pommettes identiques, et qui partageront toutes ce sens de l’humour jusque-là incompris. Parce qu’on va sacrément se fendre la gueule, et qu’ensuite, on prendra le contrôle du monde.

2 jours différents. 2 photographes différents. Cassie + moi = amour et grosse poilade.
Photo #1 par P Mod / Photo #2 par Meka

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FEMME FATALE

Je refuse de sortir de chez moi, et je me contente de me rouler dans les merveilleux sweats de la collaboration entre Kweenz Destroy et 123KLAN. Ou alors, juste pour aller jusqu’au café à côté de la maison, mais ça ne compte pas : il est tellement proche que je pourrais retenir ma respiration de porte à porte. Bon, si je courrais, ça marcherait. Est-ce qu’on peut courir en retenant sa respiration ? Feignasse comme je suis, c’est pas le genre de trucs que je suis capable de savoir.

PS: Cher NYC, tu me manques, je veux être à l’intérieur de toi. À très vite.

Photos: Meka
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SEMPER SEPTUM

L’intérieur de mon nez est tout irrité. Je viens de passer un bon quart d’heure à essayer de déterminer si feu mon piercing au septum était encore présent, en tâtonnant à l’aveugle avec un anneau de métal.

Je ne sais pas d’où cette lubie m’est (re)venue, mais depuis quelques semaines, j’y pense souvent. Ça fait bientôt 3 ans que j’ai retiré tout vestige de quincaillerie faciale, de manière définitive. Du moins c’est que je me disais. Peut-être est-ce l’influence du défilé Printemps/Été 2011 de Denis Gagnon et de ses superbes mannequins piercées qui m’a donné le goût de ressusciter celui qui était mon chouchou ? Inconsciemment, probablement que ça a joué. Peut-être aussi que ça provient du fait que j’ai à présent assez confiance en moi professionnellement pour assumer ce genre de choses… Sans oublier que l’un des avantages de ce piercing est qu’il peut aisément se cacher ; il suffit de porter un fer à cheval et de le retourner. Retrouver ce genre de photos a également joué un rôle : c’était plutôt cute, avec le recul !

C’était un soir de 2007 ou 2008, au retour d’une soirée de lancement du magazine Intersection. J’avais environ 21 ans ; je vais en avoir 25 dans moins de trois mois. Je suis en pleine crise d’angoisse depuis que je m’en suis rendue compte (il y a de ça 20 minutes), et toute la maisonnée se fout de moi. Oh well.

On ne va pas se voiler la face, c’est réellement une lubie. Je n’ai pas profondément envie d’un nouveau piercing, j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question dans mes (plus) jeunes années. Rien qu’au niveau du visage, j’en ai eu quatre différents : medusa, labret, septum, labret décalé. Rien que de les énumérer me rappelle les mercredi après-midi passés chez Gévy, à Châtelet, entourée de copines aussi mineures que moi. Est-ce que j’ai réellement envie d’en retourner à ce stade ? Pas sûr. Est-ce que le fait de ne plus évoluer dans un milieu où le piercing est ordinaire joue sur l’attraction qu’a le septum sur moi ces temps-ci ? Très possible.

Pourquoi l’ai-je retiré, au juste ? Pour différentes raisons, certaines plus valables, d’autres plus avouées. Je m’en suis lassée, je le flippais de plus en plus souvent. Je n’en avais plus envie. Il me rappelait un mauvais souvenir; une journée aux urgences, mon père au summum de la maladie… Pas envie de se rappeler de ça chaque jour devant la glace.

Au final, l’anneau n’est pas passé. Le trou semble s’être rebouché d’un côté. Mon nez continuera donc à faire du nudisme, et cette lubie disparaîtra devant l’impossibilité flagrante de sa réalisation ; comme ça arrive souvent.

Denis Gagnon show still : screenshot of the video at denisgagnon.com
Old picture of me by
Meka

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Philosophie de comptoir, bonsoir !

J’ai passé les dernières semaines à m’efforcer de bien faire. De régler les affaires en cours, de préférence celles qui trainent. De me donner les moyens de mes ambitions, sans procrastination. D’organiser mes journées avec la plus grande efficacité possible, et d’arrêter de me poser des questions.

Et ça me réussit plutôt pas mal.

Je suis allée faire des examens que je repoussais depuis quelques mois. J’ai eu la chance de shooter pour un prochain numéro du magazine Loulou (<3). J’ai écrit une nouvelle pour la soumettre à un magazine, et j’arrive à ne pas retourner constamment la lire pour y trouver de nouvelles faiblesses.

J’avais prévu que lorsque je la terminerais, j’ouvrirais le merveilleux gâteau au chocolat que m’a envoyé Sweets From The Earth pour s’excuser de mon cookie au cheveu de la semaine précédente, et que je le partagerais avec les habitants et quasi-habitants de la Maison de l’Amour.

Petite parenthèse : leurs gâteaux au chocolat ou à la carotte ont l’air tellement délicieux que je me demande tout le temps à quelle occasion je pourrais les manger. Oui, j’accorde une importance énorme à la nourriture et à la boisson en tant que rituel. Aussi, chaque année, je me dis que j’adorerais en dévorer un pour mon anniversaire, mais ça fait un moment que je n’ai pas vu l’ombre d’un gâteau ce jour-là… Oh well.

Lorsque j’ai eu fini et envoyé mon texte, les autres étaient soit sortis, soit endormis. J’ai longuement hésité à déballer le gâteau, me disant que ce serait du gâchis, et que quand on le mangerait tous ensemble ça n’aurait plus aucun sens… Puis je m’en suis coupé une part, et je suis partie la déguster dans un bain brûlant dans lequel j’avais versé des pétales de roses aux huiles essentielles, tout en lisant le dernier Elle Canada, et accompagnée du dernier album d’Alicia Keys.

Leçon #1: Aucun intérêt à me frustrer moi-même, quand je peux me faire plaisir même sans occasion particulière.

Leçon #2: La seule personne avec laquelle je me dois de célébrer mes accomplissements est moi-même. Le reste, c’est de l’extra.

Philosophie de comptoir, bonsoir !

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